uzbekistan sleepless nights

Andijan, Ouzbékistan. Juillet 2019

L’Ouzbékistan

chaleur de fou et nuits blanches

J’aime plutôt bien comme le monde évolue. Quand je planifiai ma route Kyrgyz il y a un an, j’avais fait une croix sur l’Ouzbékistan à cause de visas difficiles et frontières compliqués. Mais en traversant le Kyrgyzstan, de bonnes nouvelles arrivent de la part d’autres voyageurs. L’Ouzbékistan subit en ce moment une massive libéralisation et ses frontières sont maintenant ouvertes aux étrangers sans le moindre visa! Non seulement ça me permettait de traverser ce pays plutôt que de le contourner, mais en plus ça me donnait l’occasion de découvrir un peuple et une culture que je considère hautement depuis bien du temps.

Les gens étaient d’ailleurs si généreux, c’était embarrassant. J’étai à la frontière, et même avant de poser pied sur le sol Ouzbek un homme me demande “T’as de l’argent?” Je réponds en hésitant “euh, oui, un peu…” “J’veux dire, de l’argent Ouzbek! Voici ton premier billet, comme cadeau de bienvenu!”

Et ce n’était qu’une seule goutte dans l’océan de générosité infinie que j’y ai rencontrée. Et malgré tout, mon petit bout de marche à travers l’Ouzbékistan était l’un des plus difficiles. Il s’agissait de l’endroit le plus chaud de mon voyage, et, grâce à mon planning impeccable, je le traversai au mois le plus chaud de l’année. C’était chaud! Le soleil de milieu d’après-midi me faisait presque évanouir, et je ne m’imaginai même pas continuer. Mais les dates strictes de mon visa chinois me donnent peu d’options. Alors tel était mon plan établit: marcher toute la nuit ainsi que la moitié du jour, et ensuite en après-midi trouver un endroit frais et à l’ombre pour quand même rattraper un peu du sommeil perdu.

Le seul problème: un endroit frais et à l’ombre était une utopie qui n’existait que dans mon imagination. En fin de compte, durant 4 jours j’ai à peine dormis, et ça me coutait toute l’énergie du monde rien que de prendre le prochain sans fermer les yeux et tomber au sol. De temps en temps, je perdais conscience sur un gros caillou à 3 heures du matin, pour me réveiller une heure plus tard, à la bourre, et reprendre la route en baillant. Ainsi, la moitié du temps j’étai dans un état semi-délirant, qui incluaient rire incontrôlable, distorsions visuelles, pertes d’équilibres, et confusion totale au milieu de la nuit.

Bouh, je rouspète! Tout ça à l’air un peu négatif. Mais non, rien de tel. Au contraire, c’était le sommet de l’aventure, le climax, le challenge ultime de corps et d’esprit. Et c’était marrant. En plus, je n’aurai autrement jamais découvert qu’une grosse pierre était en fait plus confortable qu’un lit. Personne ne m’avait dit! J’accuse les vendeurs de lits. En tout cas, ça m’a drôlement simplifié la vie et redéfini ma zone de confort.

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