a buddhist story

Turquie du Sud-Est, Septembre 2017

Une histoire bouddhiste

J’ai quitté la ville de Van il y a 4 jours, vers le nord, avec l’espoir de poursuivre ma route vers l’Iran et l’Arménie. Mais au bout de 49 kilomètres, une discussion avec un ami du coin a totalement changé mes espoirs. Après une magnifique soirée ensemble et une nuitée dans sa mosquée, on prenait un petit déjeuner Turque ensemble.

– A vrai dire, ami, quelle est ta route exactement?
– Je me dirige vers Dobugeyazit, en passant par Muradiye. Je devrais y être dans 4 jours. Après, je vire à droite et j’arrive en Iran.
– Impossible, frère. Cette route est barrée. Elle était bien à l’époque, mais c’est maintenant une zone de guerre. Même les transports locaux font le détour, et ça leur rajoute des centaines de kilomètres.
– Sérieux? Et moi, je fais quoi?
– Désolé de te dire, mais ta meilleure option est de revenir sur tes pas. Tu dois faire 40 km dans l’autre sens, et après tourner à gauche. Comme ça, t’arrives en Iran part une plus petite route, qui est à ce jour ouverte. S’il te plait fais-le. Tu es mon ami. Je ne veux pas que tu meures!

Alors j’ai fait ces 40 km dans l’autre sens, et j’ai tourné à gauche. Maintenant, me voici pour de vrai dirigé vers l’Iran. Ça m’a couté 2 jours de marche dans un sens, et 2 jours dans l’autre, avec aucun résultat apparent. On dirait un échec total, mais à vrai dire c’était assez méditatif. Connais-tu l’histoire du moine bouddhiste qui demande à son disciple de construire une maison en pierre sur une colline? Au bout d’interminables efforts, la maison est enfin terminée, et le maître dit à son disciple “J’aime ton travail. La maison est très bien… mais à vrai dire, j’aimerais que tu la démonte, and que tu l’amène à l’autre colline, là-bas. Je viens de me rendre compte que je préfère l’autre colline”

Zion

Zion

Plus de 3 mois, et je reprend enfin la route. C’est la fin de mon histoire à Van et en Turquie, mais impossible de quitter l’auberge sans y laisser mon empreinte. La voici. Je partirai, elle restera, mais surtout, Jah perdurera.

silence

Une vie en silence

Mon séjour à Van, Turquie, dur plus longtemps que prévu, et non sans raison. J’ai fait une encontre totalement hors-du-commun: un aperçu dans la vie sans paroles de mon amie Ангелина. J’apprends le langage des signes Russe (Русский Жестовый Язык), et j’apprends à vivre en silence dans une société chargée de bruit.

Je reprendrai la route dans 6 jours, vers l’Iran, armé de silence.

change of plans

Kurdistan Turc, Août 2017

Changement de plan: en route vers la Russie

Ma route initiale devait m’amener tout droit à travers l’Asie, et l’Afghanistan en faisait partie. D’après les témoignages des rares personnes qui l’ont vraiment fait à pied, j’estimerais mes chances de survie à 50%. En plus de ça, j’aurais passé 2 mois dans des zones de guerre, et personnellement, j’ai eu ma dose de coups de feu.

Pendant des mois la question tournait dans ma tête, et je ne trouvais aucune alternative entièrement à pied. Mais récemment, une simple discussion avec un ami m’a ouvert une nouvelle porte: il existe une frontière ouverte aux étrangers qui lie la Chine avec le Pakistan, malgré les zones grises que nous affichent les cartes. Ce changement d’itinéraire rajoutera 4000 km à mon voyage, 7 pays en plus, et une année de plus sur la route: en plus de la distance ajoutée, je travaillerai 5 mois en Géorgie pour éviter le Kazakhstan en plein hiver, et quelques mois de travail en Chine pour me donner le temps nécessaire à mon visa Pakistanais. La route sera longue et me fera passer des mois dans les déserts Kazakhstanais ainsi que des cols à 4500 mètres dans l’Himalaya. Mais je suis le plus heureux au monde, armé d’un nouveau plan solide qui me permettra de réaliser mon rêve.

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Kurdistan, Juillet 2017
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Le Lac Van

Me voici habitant sédentaire de la ville de Van depuis bientôt un mois. Traverser le Kurdistan n’était pas facile: j’ai eu ma part de menaces et de conflits armées qui auraient pu mal finir. Mais non, tout va bien, je suis en un morceau, et je mène une vie Vannoise tranquille et paisible, au rythme des habitants qui y ont toujours vécu. J’y passerai 2 mois à travailler dans l’auberge Van’s Backpacker’s Hostel avant d’entamer la route vers l’Iran, papiers en main, quand le climat sera moins chaud dans les 5000 kilomètres plus désertiques qui m’attendent.

kudistan

Zone de conflit Kurde

Me voici presque au bout de la Turquie, de loin le plus grand pays de mon voyage à ce jour. Je traverse la région du Kurdistan, non-dépourvue de conflits armés entre les soldats Turcs et les rebelles du PKK. Est-ce facile? Non. Vais-je bien? Oui, par la grâce de dieu. Est-ce que je rencontre toujours de merveilleuses personnes sur ma route, pleines d’amour et de générosité? Absolument.

cops are friends

Turquie du Sud-Est, Mai 2017

La police, mes amis

Lorsqu’une voiture de police s’arrête, ce n’est pas pour me demander mon passport: c’est pour me demander si je vais bien. Non pas pour me donner des problèmes, mais pour me donner de la nourriture. Lorsqu’ils m’emmènent au poste de police, ce n’est pas pour m’intérroger, mais pour partager un repas. Ils me demandent si j’ai une tente – non pour me sanctionner, mais pour être sur que je vais survivre la nuit.

Imray et Sekeria font partie de ces policiers pleins d’amour. Ils m’ont même offert une rose. “On représente la paix, comme toi avec ton drapeau blanc. Notre seul travail est de maintenir la paix. En fait, tu pourrais même documenter cette rencontre et montrer au monde que nous, la police dans l’Est de la Turquie, travaillons pour le bien de tous.” Alors voila, je le documente, avec tant de reconnaissance.

halfway there

Mi-chemin!

Me voici à mi-chemin de la Turquie, et même à mi-chemin de mon voyage entier! Et la vie est toujours aussi facile qu’au départ! Dés le premier jour, on me dit bien sûr que c’est facile, mais attends d’être plus à l’est! Et me voici, de plus en plus à l’Est… et je n’ai toujours aucune idée de quoi ils parlent! Hourrah!

container home

Nord-Ouest de la Turquie, Avril 2017

Confiance

Oui c’est officiel, on peut faire confiance au monde! Il nous donne toujours ce qu’il nous faut, quand il le faut. Même si la situation à l’aire dépourvue d’espoir. Notre seul rôle à nous: lui faire confiance. C’est plus facile que ça en à l’air. Pluie torrentielle, des tas de neige, slush, boue, presque tous les soirs étaient désastreux pendant une semaine. Au début, je me souciais: comment même imaginer poser ma tente dans un tel bordel? Mais aujourd’hui, je fais confiance. Le monde s’occupe de moi, et je confirme que dans chaque cas, des miracles totalement inattendus m’ont sauvé la peau, comme ce container Unicef abandonné, un vrai logement de luxe!

not alone

Nord-ouest de la Turquie, Avril 2017
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Plus d’un homme fou

Je ne vois presque jamais quelqu’un m’accompagner pour plus d’un kilomètre. Mais cette fois-ci, mon frangin Jonas s’est aventuré 120 km pour quitter Istanbul avec moi et plonger dans la nature verdoyante. On dormait n’importe-où, ouverts à tout, c’était une vrai vie de gipsie! Bien sûr, tout le monde pensait qu’on était fou, mais on a trouvé le plus grand des respects dans chaque encontre. Quel beau pays, quelles belles personnes.