Tales of a Global Pilgrim Stars Stars

Je m'appelle Ben Viatte et tout comme toi, je ne sais pas trop comment je suis arrivé là.

Ma quête a débuté il y a 6 ans, quand j'ai ouvert les yeux pour la première fois: j'ai vu que j'étais libre. Alors je me mis à rôder le monde pour découvrir une autre manière de penser. Mon pèlerinage actuel me mène de l'Europe à travers l'asie du nord, et finira en Inde.

Ce blog décrit ma recherche de la vérité: mon pèlerinage du monde qui a commencé à 18 ans et les riches leçons qu'il m'a transmis.

walk with mom

20 jours à pied avec maman

Certains pensent qu’il faut être orphelin ou rejeté pour quitter sa maison et vivre une vie nomade, une vie sur la route. Rien de tel! J’ai quitté la Suisse il y a bientôt 2 ans, mais les relations avec ma famille continuent à fleurir. On s’aime les uns les autres, et on continue à se voir. Je ne rentre pas en Suisse, évidemment, mais eux viennent me voir sur la route, et ça donne lieu à des expériences inoubliables.

Voici l’histoire de ma mère qui m’a rejoint à Sevan, Arménie pour marcher jusqu’à Tbilisi, le capitale Georgienne.

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Sevan, Nord de l’Arménie. Novembre 2017
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Arménie. Terre où tout est normal.

Et pour ça je l’adore. Certains rient. Certains tirent la gueule. Certains t’invitent à passer la nuit. Certains posent des questions, et certains s’en foutent. Peu à peu, je m’imbibe – sans obligations, sans contraintes, je suis comme je suis, sans me prendre la tête. J’ai rencontré ce taureau: il juge que la campagne n’est pas pour lui. Et le voici à vivre en pleine ville de Sevan. Debout sur la route. Tout le monde s’en fout, et les voitures le contournent sans même klaxonner. Ici, c’est normal, parce qu’ici c’est normal de faire comme tu veux.

L’économie Arménienne se dégrade depuis la chute de l’Union Soviétique. Mais les gens ne s’en font pas, et continuent à vivre leurs vies normales. S’ils ne peuvent pas acheter ce qu’il faut, ils le fabriquent eux-mêmes. Leur nourriture, leurs maisons, leurs véhicules, tout. Prends 3 carcasses de voitures, et fais-en une qui marche. Cette simplicité d’esprit m’épate.

J’aimerais partager avec toi ce salut, courant en Arménie – il me fait vraiment rire. A la place de te demander si tu vas bien, on te demande “T’es normal, où quoi?” “Ouai, camarade, j’pète la norme!”

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Goris, Arménie. Octobre 2017

Paolo l’humain

Quel plaisir, de croiser ce gars sur ma route. Comme moi, Paolo traverse les pays à pied, mais il n’a que 16 kilos sur le dos, contrairement à mon chariot de 90 kilos. Il prône la simplicité. La plupart des voyageurs prennent des photos: lui non. Plutôt, il a deux yeux, et il voit. La plupart des campeurs ont de quoi cuisiner: encore une fois, lui non. A la place, il a une bouche et il mange. La plupart des hommes se rasent: Paolo, bien sûr que non. Lui se contente d’avoir une tête de Wookiee. Mais surtout, la plupart des gens se soucient, et non Paolo. A la place, il s’en fout, il rit, et il apprécie la vie.

On n’a passé que 10 minutes ensemble, mais ça suffisait pour voir qu’il ne s’agissait pas d’un homme, mais d’un miroir pour la vérité. Je vois en lui le garçon que j’étai quand j’ai découvert le Tao il y à 7 ans et je le vivais à chaque pas. Depuis, je constate que j’ai bien accumulé des choses. Non seulement des possessions, mais une personnalité, une ambition, et une image de moi-même. Me voici quelqu’un, quelqu’un avec une mission, et lorsqu’on est quelqu’un, on se retrouve avec plus d’égo. Mais ce simple Paolo me rappel du vrai chemin vers le bonheur. Si l’on cherche le savoir, tous les jours on en rajoute. Mais si l’on cherche la liberté, tous les jours on en retire.

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Nord-Ouest de l’Iran, Octobre 2017
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L’Iran

Entrer en Iran par ses propres moyens, c’est une drôle d’histoire. J’ai lutté pendant des jours à lentement gravir les arides montagnes de l’est de la Turquie, à me battre contre le vent, le froid, et un parasite d’estomac très fier de moi qui a décidé de m’accompagner tout au long de ma route. Après le col à 2200m, quand je suis enfin arrivé à la frontière, mon soupir de soulagement était suivi de Kalachnikovs pointés vers moi et de voix menaçantes. Oui, j’avais une heure de retard. La frontière fermait à 5h du soir. Les soldats me disent que si j’étais arrivé encore une heure plus tard, on m’aurait tiré dessus. Après d’interminables négociations avec l’armée en dessous d’une pleine lune absolument splendide, ils m’ont laissé camper à la frontière, au milieu de la route ou on discutait: il n’y avait pas d’autres endroits possible. On m’a même suggéré de ne pas quitter ma tente jusqu’au matin.

Tout cela a l’air bien négatif. Mais à vrai dire, cette pleine lune était vraiment splendide. Et d’ailleurs, le lendemain était simplement paradisiaque. L’officier qui m’a autorisé à camper là m’a salué, au lever du soleil, avec un immense sourire rayonnant. Il était si heureux de voir que j’étais en effet un campeur et non un terroriste. Et par intervention divine, la frontière était une coupure nette entre un monde désertique, froid, poussiéreux, et un calme paradis verdoyant. Je me serais attendu à un climat encore plus difficile en Iran, mais non, cette région-là était tout simplement succulente. Et les gens sont tout aussi amicaux, généreux, chaleureux, et souriants que nous laissent penser les nombreux récits des voyageurs, nommant l’Iran le pays de l’hospitalité.

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Turquie du Sud-Est, Septembre 2017

Une histoire bouddhiste

J’ai quitté la ville de Van il y a 4 jours, vers le nord, avec l’espoir de poursuivre ma route vers l’Iran et l’Arménie. Mais au bout de 49 kilomètres, une discussion avec un ami du coin a totalement changé mes espoirs. Après une magnifique soirée ensemble et une nuitée dans sa mosquée, on prenait un petit déjeuner Turque ensemble.

– A vrai dire, ami, quelle est ta route exactement?
– Je me dirige vers Dobugeyazit, en passant par Muradiye. Je devrais y être dans 4 jours. Après, je vire à droite et j’arrive en Iran.
– Impossible, frère. Cette route est barrée. Elle était bien à l’époque, mais c’est maintenant une zone de guerre. Même les transports locaux font le détour, et ça leur rajoute des centaines de kilomètres.
– Sérieux? Et moi, je fais quoi?
– Désolé de te dire, mais ta meilleure option est de revenir sur tes pas. Tu dois faire 40 km dans l’autre sens, et après tourner à gauche. Comme ça, t’arrives en Iran part une plus petite route, qui est à ce jour ouverte. S’il te plait fais-le. Tu es mon ami. Je ne veux pas que tu meures!

Alors j’ai fait ces 40 km dans l’autre sens, et j’ai tourné à gauche. Maintenant, me voici pour de vrai dirigé vers l’Iran. Ça m’a couté 2 jours de marche dans un sens, et 2 jours dans l’autre, avec aucun résultat apparent. On dirait un échec total, mais à vrai dire c’était assez méditatif. Connais-tu l’histoire du moine bouddhiste qui demande à son disciple de construire une maison en pierre sur une colline? Au bout d’interminables efforts, la maison est enfin terminée, et le maître dit à son disciple “J’aime ton travail. La maison est très bien… mais à vrai dire, j’aimerais que tu la démonte, and que tu l’amène à l’autre colline, là-bas. Je viens de me rendre compte que je préfère l’autre colline”

Zion

Zion

Plus de 3 mois, et je reprend enfin la route. C’est la fin de mon histoire à Van et en Turquie, mais impossible de quitter l’auberge sans y laisser mon empreinte. La voici. Je partirai, elle restera, mais surtout, Jah perdurera.

silence

Une vie en silence

Mon séjour à Van, Turquie, dur plus longtemps que prévu, et non sans raison. J’ai fait une encontre totalement hors-du-commun: un aperçu dans la vie sans paroles de mon amie Ангелина. J’apprends le langage des signes Russe (Русский Жестовый Язык), et j’apprends à vivre en silence dans une société chargée de bruit.

Je reprendrai la route dans 6 jours, vers l’Iran, armé de silence.

change of plans

Kurdistan Turc, Août 2017

Changement de plan: en route vers la Russie

Ma route initiale devait m’amener tout droit à travers l’Asie, et l’Afghanistan en faisait partie. D’après les témoignages des rares personnes qui l’ont vraiment fait à pied, j’estimerais mes chances de survie à 50%. En plus de ça, j’aurais passé 2 mois dans des zones de guerre, et personnellement, j’ai eu ma dose de coups de feu.

Pendant des mois la question tournait dans ma tête, et je ne trouvais aucune alternative entièrement à pied. Mais récemment, une simple discussion avec un ami m’a ouvert une nouvelle porte: il existe une frontière ouverte aux étrangers qui lie la Chine avec le Pakistan, malgré les zones grises que nous affichent les cartes. Ce changement d’itinéraire rajoutera 4000 km à mon voyage, 7 pays en plus, et une année de plus sur la route: en plus de la distance ajoutée, je travaillerai 5 mois en Géorgie pour éviter le Kazakhstan en plein hiver, et quelques mois de travail en Chine pour me donner le temps nécessaire à mon visa Pakistanais. La route sera longue et me fera passer des mois dans les déserts Kazakhstanais ainsi que des cols à 4500 mètres dans l’Himalaya. Mais je suis le plus heureux au monde, armé d’un nouveau plan solide qui me permettra de réaliser mon rêve.