Tales of a Global Pilgrim Stars Stars

Je m'appelle Ben Viatte et tout comme toi, je ne sais pas trop comment je suis arrivé là.

Ma quête a débuté il y a 6 ans, quand j'ai ouvert les yeux pour la première fois: j'ai vu que j'étais libre. Alors je me mis à rôder le monde pour découvrir une autre manière de penser. Mon pèlerinage actuel me mène de l'Europe à travers l'asie du nord, et finira en Inde.

Ce blog décrit ma recherche de la vérité: mon pèlerinage du monde qui a commencé à 18 ans et les riches leçons qu'il m'a transmis.

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Nord-Ouest du Kazakhstan, Juin 2018
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Kazakhstan

Ayant contourné la Mer Caspienne par la Russie, me voici dans le plus grands pays dont personne ne sait la moindre chose. Terre d’ethnies mixtes, lait de chameau, chevaux sauvages, loups du désert et plaines indomptées qui s’étendent à des milliers de kilomètres… Terre d’extrêmes, ou le soleil brûlant et le froid pétrifiant jouent entre +50 à -50 dégrées. Terre d’extrême hospitalité aussi, où un garçons de 9 ans peut t’inviter chez sa famille pour un humble repas, une douche au saut d’eau, et une nuit sur le tapis familiale. Terre ou Borat n’a jamais mis pied.

Bien qu’enchanté par le désert, les journées entières sans voir la moindre maison, perdu en méditation… Je préfère éviter les zones les plus sèches au moment les plus chauds de l’année. Ça veut dire que je passerai les deux prochains mois de manière sédentaire, à enseigner l’anglais dans une école Kazakh, à travailler en ligne, et à récupérer mes pieds. Je pourrais ensuite continuer ma marche depuis Kandyagash, humble village plein de merveilleuses personnes, direction sud-est vers le Kyrgyzstan et la Chine.

La Яussie Musulmane

Dès le début de mon nouveau plan, les gens me disent d’éviter cette partie de la Russie. D’autres voyageurs prennent un ferrie à travers la Mer Caspienne justement pour éviter la Tchétchénie et le Dagestan. Ces deux états Muslumans de la Russie m’ont été déconseillés par mes propres amis Russes! Mais en ce qui concerne mon voyage à pied, je n’avais pas le choix. Les strictes 30-jours indiqués sur mon visa m’empêchaient de prendre toute autre route. Alors le choix a été fait, non par moi mais par le monde. Et quel miracle! Merci monde, au cas où tu serais en train de lire ces lignes.

Merci au monde car ces régions qui ne voient presque aucuns touristes ont été plus généreuses que tout autre pays dans mes voyages. Non seulement on me nourrissait et on s’occupait de moi, mais les gens s’arrêtaient aussi pour me donner de l’argent. Tous les jours. Plus que ce que je pouvais même dépenser!

Non les enfants, l’argent n’est pas important. Mais une chose l’est: l’intention d’aider les gens. Comment un tel nombre de personnes – policiers, soldats, caissières, enfants de 9 ans, tziganes, et pauvres bergers – peuvent-t-ils donner le peu qu’ils ont à un total inconnu qu’ils voient marcher sur la route? Je ne saurais pas dire, mais je parie que Dieu est dans le coup!

The Funeral

Funérailles

Visa Russe en mains, je conte mes derniers jours à Tbilisi, la capitale Géorgienne, au bout de presque 4 mois de vie sédentaire. Des liens si profonds se sont créés, de vrais liens familiaux, avec des personnes qui feraient tout au monde pour moi. J’en suis ému. Jamais n’aurai-je fini de remercier la vie, avec tout son amour, tous ses mystères…

Mais la vie connait son chemin, et chaque fin devrait être célébrée comme un nouveau début.

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20 jours à pied avec maman

Certains pensent qu’il faut être orphelin ou rejeté pour quitter sa maison et vivre une vie nomade, une vie sur la route. Rien de tel! J’ai quitté la Suisse il y a bientôt 2 ans, mais les relations avec ma famille continuent à fleurir. On s’aime les uns les autres, et on continue à se voir. Je ne rentre pas en Suisse, évidemment, mais eux viennent me voir sur la route, et ça donne lieu à des expériences inoubliables.

Voici l’histoire de ma mère qui m’a rejoint à Sevan, Arménie pour marcher jusqu’à Tbilisi, le capitale Georgienne.

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Sevan, Nord de l’Arménie. Novembre 2017
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Arménie. Terre où tout est normal.

Et pour ça je l’adore. Certains rient. Certains tirent la gueule. Certains t’invitent à passer la nuit. Certains posent des questions, et certains s’en foutent. Peu à peu, je m’imbibe – sans obligations, sans contraintes, je suis comme je suis, sans me prendre la tête. J’ai rencontré ce taureau: il juge que la campagne n’est pas pour lui. Et le voici à vivre en pleine ville de Sevan. Debout sur la route. Tout le monde s’en fout, et les voitures le contournent sans même klaxonner. Ici, c’est normal, parce qu’ici c’est normal de faire comme tu veux.

L’économie Arménienne se dégrade depuis la chute de l’Union Soviétique. Mais les gens ne s’en font pas, et continuent à vivre leurs vies normales. S’ils ne peuvent pas acheter ce qu’il faut, ils le fabriquent eux-mêmes. Leur nourriture, leurs maisons, leurs véhicules, tout. Prends 3 carcasses de voitures, et fais-en une qui marche. Cette simplicité d’esprit m’épate.

J’aimerais partager avec toi ce salut, courant en Arménie – il me fait vraiment rire. A la place de te demander si tu vas bien, on te demande “T’es normal, où quoi?” “Ouai, camarade, j’pète la norme!”

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Goris, Arménie. Octobre 2017

Paolo l’humain

Quel plaisir, de croiser ce gars sur ma route. Comme moi, Paolo traverse les pays à pied, mais il n’a que 16 kilos sur le dos, contrairement à mon chariot de 90 kilos. Il prône la simplicité. La plupart des voyageurs prennent des photos: lui non. Plutôt, il a deux yeux, et il voit. La plupart des campeurs ont de quoi cuisiner: encore une fois, lui non. A la place, il a une bouche et il mange. La plupart des hommes se rasent: Paolo, bien sûr que non. Lui se contente d’avoir une tête de Wookiee. Mais surtout, la plupart des gens se soucient, et non Paolo. A la place, il s’en fout, il rit, et il apprécie la vie.

On n’a passé que 10 minutes ensemble, mais ça suffisait pour voir qu’il ne s’agissait pas d’un homme, mais d’un miroir pour la vérité. Je vois en lui le garçon que j’étai quand j’ai découvert le Tao il y à 7 ans et je le vivais à chaque pas. Depuis, je constate que j’ai bien accumulé des choses. Non seulement des possessions, mais une personnalité, une ambition, et une image de moi-même. Me voici quelqu’un, quelqu’un avec une mission, et lorsqu’on est quelqu’un, on se retrouve avec plus d’égo. Mais ce simple Paolo me rappel du vrai chemin vers le bonheur. Si l’on cherche le savoir, tous les jours on en rajoute. Mais si l’on cherche la liberté, tous les jours on en retire.

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Nord-Ouest de l’Iran, Octobre 2017
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L’Iran

Entrer en Iran par ses propres moyens, c’est une drôle d’histoire. J’ai lutté pendant des jours à lentement gravir les arides montagnes de l’est de la Turquie, à me battre contre le vent, le froid, et un parasite d’estomac très fier de moi qui a décidé de m’accompagner tout au long de ma route. Après le col à 2200m, quand je suis enfin arrivé à la frontière, mon soupir de soulagement était suivi de Kalachnikovs pointés vers moi et de voix menaçantes. Oui, j’avais une heure de retard. La frontière fermait à 5h du soir. Les soldats me disent que si j’étais arrivé encore une heure plus tard, on m’aurait tiré dessus. Après d’interminables négociations avec l’armée en dessous d’une pleine lune absolument splendide, ils m’ont laissé camper à la frontière, au milieu de la route ou on discutait: il n’y avait pas d’autres endroits possible. On m’a même suggéré de ne pas quitter ma tente jusqu’au matin.

Tout cela a l’air bien négatif. Mais à vrai dire, cette pleine lune était vraiment splendide. Et d’ailleurs, le lendemain était simplement paradisiaque. L’officier qui m’a autorisé à camper là m’a salué, au lever du soleil, avec un immense sourire rayonnant. Il était si heureux de voir que j’étais en effet un campeur et non un terroriste. Et par intervention divine, la frontière était une coupure nette entre un monde désertique, froid, poussiéreux, et un calme paradis verdoyant. Je me serais attendu à un climat encore plus difficile en Iran, mais non, cette région-là était tout simplement succulente. Et les gens sont tout aussi amicaux, généreux, chaleureux, et souriants que nous laissent penser les nombreux récits des voyageurs, nommant l’Iran le pays de l’hospitalité.

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Turquie du Sud-Est, Septembre 2017

Une histoire bouddhiste

J’ai quitté la ville de Van il y a 4 jours, vers le nord, avec l’espoir de poursuivre ma route vers l’Iran et l’Arménie. Mais au bout de 49 kilomètres, une discussion avec un ami du coin a totalement changé mes espoirs. Après une magnifique soirée ensemble et une nuitée dans sa mosquée, on prenait un petit déjeuner Turque ensemble.

– A vrai dire, ami, quelle est ta route exactement?
– Je me dirige vers Dobugeyazit, en passant par Muradiye. Je devrais y être dans 4 jours. Après, je vire à droite et j’arrive en Iran.
– Impossible, frère. Cette route est barrée. Elle était bien à l’époque, mais c’est maintenant une zone de guerre. Même les transports locaux font le détour, et ça leur rajoute des centaines de kilomètres.
– Sérieux? Et moi, je fais quoi?
– Désolé de te dire, mais ta meilleure option est de revenir sur tes pas. Tu dois faire 40 km dans l’autre sens, et après tourner à gauche. Comme ça, t’arrives en Iran part une plus petite route, qui est à ce jour ouverte. S’il te plait fais-le. Tu es mon ami. Je ne veux pas que tu meures!

Alors j’ai fait ces 40 km dans l’autre sens, et j’ai tourné à gauche. Maintenant, me voici pour de vrai dirigé vers l’Iran. Ça m’a couté 2 jours de marche dans un sens, et 2 jours dans l’autre, avec aucun résultat apparent. On dirait un échec total, mais à vrai dire c’était assez méditatif. Connais-tu l’histoire du moine bouddhiste qui demande à son disciple de construire une maison en pierre sur une colline? Au bout d’interminables efforts, la maison est enfin terminée, et le maître dit à son disciple “J’aime ton travail. La maison est très bien… mais à vrai dire, j’aimerais que tu la démonte, and que tu l’amène à l’autre colline, là-bas. Je viens de me rendre compte que je préfère l’autre colline”

Zion

Zion

Plus de 3 mois, et je reprend enfin la route. C’est la fin de mon histoire à Van et en Turquie, mais impossible de quitter l’auberge sans y laisser mon empreinte. La voici. Je partirai, elle restera, mais surtout, Jah perdurera.